N'APP News #15
Contacts & Infos
31 Jui 2010 |
|
“Ça sera une expérience étonnante” a dit, il y a quelques années de cela, mon grand-père, quelques jours avant de mourir d’un cancer. Pourtant, que dire et que penser de la Vie Éternelle de nos jours ? Et même, avant cela, de la mort ? Avec les années qui passent, nous, jeunes, voyons peu à peu cette mort se peupler… Un grand-père donc, une vieille tante, ou parfois la perte douloureuse d’amis plus jeunes. Autant d’occasions de se retrouver entre vivants, confrontés ensemble à une même douleur, priant et faisant mémoire de l’être aimé.
Les enterrements, peut-être un des derniers rites qui perdurent dans notre monde, sont un moment étonnant. Ils sont étonnants au sens le plus fort du terme : ils nous invitent à nous étonner, à dépasser le superficiel. Alors seulement, la douleur peut entrouvrir en nos coeurs les questions les plus essentielles. Quoi ? Il est mort ?… Il est vraiment mort ? Pourquoi ? Et moi ? Pourquoi je vis ? Et pour - quoi ? Notre mort reprend en ces instants sa place, frontière de nos vies. Et le reste du temps ? Nous n’y pensons pas, nous la repoussons au loin, dans les contrées reculées de nos préoccupations. Paradoxalement, c’est l’une des plus grandes oeuvres de la Culture de Mort que de nous faire ignorer la mort elle-même. Sans cette expérience de notre limite, nous ne sommes qu’à moitié vivants. Nous courrons après la réussite sous toutes ses formes pour remplir cette petite vie : l’argent, la reconnaissance, le succès… Nous sommes comme des fous, nous qui “courons sans souci dans le précipice, après que nous avons mis quelque chose devant nous pour nous empêcher de le voir” comme dit Pascal. Souvent, on se surprend ainsi à s’émerveiller de faux-trésors, et à envisager sa vie par rapport à eux. Écoutant un homme brillant et passionné, à la culture évidente, on se prend à désirer ardemment être vus comme cela : “Voilà ce que je veux pouvoir faire ! Qu’on m’observe moi aussi, muet, admiratif !”. Ou encore, à désirer un nouvel ordinateur, un nouveau téléphone portable, de nouvelles fringues de marque, un nouveau truc, une nouvelle chose — toujours plus solide, mieux, plus rapide, plus fort (harder, better, faster, stronger nous dit Daft Punk). On en vient à n’être qu’espoir, mais un espoir creux qui tourne à vide, et qui ne comble pas le coeur de l’homme.
L’homme a soif d’absolu !
La Croix est la source de la vraie Espérance, parce qu’elle est le lieu le plus absolu de l’amour. Jésus ne refuse pas la mort. Non seulement, Il donne L’homme est fait pour la vie éternelle, si profondément, si intimement que, coupé d’elle, il étouffe. Il se cache et se perd dans des artifices, ou bien il déprime. Pas une vie éternelle au rabais, ce stéréotype mièvre d’un ciel nuageux où chacun aurait de petites ailes, comme l’imaginaire populaire nous le transmet. L’homme est fait pour la Résurrection des corps ! “Le Christ est ressuscité des morts, prémices de ceux qui se sont endormis !” (1 Co 15, 20). La voilà notre Espérance, sans laquelle notre foi est vaine, et qui nous presse dès à présent d'aimer véritablement cette vie, et ceux qui nous entourent.
|
|
| Mise à jour le Samedi, 31 Juillet 2010 15:54 |






“Ça sera une expérience étonnante” a dit, il y a quelques années de cela, mon grand-père, quelques jours avant de mourir d’un cancer. Pourtant, que dire et que penser de la Vie Éternelle de nos jours ? Et même, avant cela, de la mort ? Avec les années qui passent, nous, jeunes, voyons peu à peu cette mort se peupler… Un grand-père donc, une vieille tante, ou parfois la perte douloureuse d’amis plus jeunes. Autant d’occasions de se retrouver entre vivants, confrontés ensemble à une même douleur, priant et faisant mémoire de l’être aimé.
sa vie, mais plus, Il considère cette vie qu’Il va donner comme vraiment précieuse, l'angoisse de Gethsémani le montre bien : « Étant en agonie, il priait plus instamment, et sa sueur devint comme des gouttes de sang, qui tombaient à terre. » (Lc 22.44)